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L’or à +58% en 2025 : faut-il investir maintenant ?

Depuis 2022, l’or semble déjouer les lois classiques de l’économie. Alors que les taux d’intérêt ont fortement augmenté, la Réserve fédérale américaine a amorcé en 2025 un cycle de baisse, avec de nouvelles coupes attendues en 2026. Dans ce contexte contrasté, le prix de l’or continue de progresser.

Cette résilience interroge : faut-il y voir une anomalie de marché ou le signe d’un changement structurel des dynamiques économiques et géopolitiques mondiales ?

L’or en chiffres : un actif en forte hausse

En 2024, l’or a enregistré une performance de +27 % en dollars. La dynamique s’est poursuivie en 2025 avec +58 % depuis le début de l’année (au 14 novembre), malgré des taux réels qui restent globalement positifs — un environnement qui, historiquement, aurait dû freiner sa progression.

Les flux financiers confirment cet engouement. Plus de 10 milliards de dollars ont été investis dans des ETF adossés à l’or physique depuis janvier.

  • Le SPDR Gold Shares (GLD) dépasse les 100 milliards de dollars d’encours.
  • En Europe, iShares Physical Gold et Amundi Physical Gold ont chacun collecté plus d’un milliard de dollars sur la période.

Mais le moteur principal de la demande reste les banques centrales. En 2025, elles représentent environ 25 % de la demande mondiale d’or, contre 10 à 20 % sur la décennie précédente.

La Chine, la Turquie, l’Inde, la Pologne et les Émirats arabes unis renforcent activement leurs réserves. L’Australie demeure le premier exportateur mondial, tandis que la Chine est le principal importateur.

Les États-Unis conservent les plus importantes réserves d’or au monde, avec près de 8 133 tonnes, soit plus du double de l’Allemagne, leur plus proche concurrent, avec environ 3 350 tonnes.

Pourquoi l’or redevient un enjeu géopolitique majeur

Historiquement, l’or a toujours été lié aux conflits et à la souveraineté financière des États. Avant 1914, les réserves s’accumulent pour financer l’effort de guerre. Les conflits déplacent ensuite le métal vers les coffres publics, favorisent les confiscations et font de la gestion de la dette un pivot du système monétaire sous l’étalon-or.

Durant la Grande Dépression, la suspension de la convertibilité — au Royaume-Uni en 1931 et aux États-Unis en 1933 — permet de rompre la spirale déflationniste. Après 1945, le dollar s’impose avec le système de Bretton Woods, puis la fin du lien à l’or en 1971 relègue progressivement le métal au second plan.

Ce n’est qu’après la crise financière de 2008 que les achats des banques centrales reprennent, d’abord timidement après 2011, puis de manière beaucoup plus marquée depuis 2020.

Ce regain dépasse désormais le simple arbitrage financier. Il s’inscrit dans une recomposition structurelle de l’économie mondiale.

Actif physique, tangible et à l’offre finie, l’or ne comporte aucun risque d’émetteur. Dans un contexte d’endettement public élevé, de tensions géopolitiques persistantes et de fragmentation monétaire, il redevient une réserve stratégique autant qu’une valeur refuge.

La dédollarisation, accélérée par le gel des avoirs russes en 2022, a servi d’électrochoc. De nombreux États cherchent désormais à diversifier leurs réserves afin de réduire leur exposition aux sanctions et aux dépendances monétaires.

La Chine illustre cette stratégie. Elle combine diplomatie monétaire, puissance industrielle et souveraineté technologique. L’État autorise même les compagnies d’assurance et les banques commerciales à investir directement dans l’or, renforçant encore la demande domestique.

Quel horizon pour le prix de l’or ?

À moyen terme, plusieurs catalyseurs restent favorables :

  • le cycle de baisse des taux initié en 2025, susceptible d’affaiblir le dollar,
  • une demande publique soutenue, notamment dans les pays émergents encore sous-exposés à l’or.

Selon UBS, le prix de l’or pourrait atteindre 5 000 dollars l’once d’ici 2027.

Mais une lecture plus académique invite à la prudence. Les travaux de Harvey et Erb montrent que le cours de l’or a tendance à revenir vers sa moyenne réelle à long terme. Des niveaux historiquement élevés sont souvent suivis de phases de consolidation, voire de correction.

Les actions minières : une alternative à l’or physique

Les sociétés minières aurifères constituent une exposition indirecte intéressante. Après plusieurs années de sous-performance, elles affichent aujourd’hui :

  • des valorisations plus attractives,
  • un niveau de marge en amélioration,
  • et une meilleure discipline sur les coûts.

Le secteur se restructure et pourrait bénéficier d’un effet de levier en cas de poursuite de la hausse du métal. Contrairement à l’or physique, ces actifs peuvent également générer un revenu via les dividendes.

En revanche, leur performance reste exposée à des risques spécifiques : aléas de production, instabilité politique dans les zones minières, et risque de change. Leur évolution peut donc se décorréler — voire s’inverser — par rapport au prix de l’or.

L’or dans une allocation patrimoniale

L’or conserve un rôle central comme protection contre les chocs de marché, la dépréciation monétaire et les tensions géopolitiques. Il agit comme une assurance patrimoniale, mais ne génère pas de revenu.

Selon le profil de l’investisseur, une exposition comprise entre 3 % et 5 % est généralement pertinente dans une allocation diversifiée.

Les principales options d’investissement

  • or physique (lingots, pièces),
  • ETF / ETC adossés à l’or,
  • fonds investis dans les sociétés minières,
  • fonds spécialisés en métaux précieux.

Attention : la détention d’or physique implique des coûts annexes (coffre, assurance) et une logistique plus lourde. Les ETF et ETC offrent une exposition proche du métal sans contraintes de stockage ni de sécurité.

À l’inverse, investir dans des sociétés aurifères ne revient pas à détenir de l’or. Ces investissements intègrent un risque opérationnel et financier qui peut amplifier, mais aussi pénaliser, la performance.

L’approche de Calyvia sur l’or et les métaux précieux

Chez Calyvia, l’or conserve une place pertinente dans une stratégie patrimoniale globale, comme élément de protection et de stabilité.

Pour les ETF et ETC adossés à l’or physique, nous privilégions :

  • une réplication directe,
  • une liquidité élevée,
  • une conservation en chambre forte identifiable,
  • une structure juridique robuste, non assimilable à une créance.

Pour les ETF exposés aux minières, l’analyse porte sur la diversification géographique, le poids des grands producteurs par rapport aux « junior miners » et la sensibilité historique au cycle de l’or.

Concernant les fonds actifs, nous privilégions les gestions capables d’arbitrer entre producteurs primaires, sociétés de redevances et explorateurs, avec une analyse rigoureuse des coûts de production, des marges et de la solidité des bilans.

Conclusion : l’or, entre assurance et conviction stratégique

L’or s’impose aujourd’hui comme bien plus qu’une simple valeur refuge. Il devient un instrument stratégique au cœur des équilibres monétaires, financiers et géopolitiques.

Intégré avec mesure dans une allocation d’actifs, il peut renforcer la résilience d’un patrimoine face aux incertitudes structurelles de l’économie mondiale.

Vous vous demandez si l’or a sa place dans votre patrimoine ?

Prenez rendez-vous avec un expert Calyvia et bénéficiez d’une analyse personnalisée de votre allocation d’actifs en fonction de vos objectifs, de votre horizon d’investissement et de votre sensibilité au risque.